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Sur Facebook, j’ai lancé un défi à celles et ceux qui suivent Ya Está et mes dîners imaginaires. Je leur ai demandé de me suggérer des personnes avec qui ils souhaiteraient dîner. Pour ces dîners, j’ai choisi de ne plus être seul avec mon invité mais de convier également la personne qui m’a suggéré mon nouvel hôte. Envie de vous prêter au jeu ? Laissez un commentaire 😉

Deux précisions en préambule de ce dîner très attendu par les enfants que vous êtes :

1 – J’ai invité Santa Klaus et pas le père Noël. C’est la même chose ou pas et après tout, on s’en fout mais je dois m’adapter à l’hégémonie germanique et scandinave. Et si j’en crois wikipédia, Santa serait un évêque ayant trouvé refuge à Bari dans les Pouilles, ce qui lui vaut toute mon estime. Vous ne voyez plus le rapport ? Moi non plus. Enfin si j’avais voulu vous la faire à l’andalouse, j’aurais invité les rois mages. Parce qu’en toute logique, ce sont les rois mages qui amènent les cadeaux à Jésus pour son birthday (de l’or, de l’encens et de la myrrhe, ouais ça craint). On sait aussi de source sûre que ces rois mages sont tyranniques et ils sont trop nombreux : je n’aurais pas pu inviter l’un sans inviter les deux autres. Et pour peu que je n’invite pas Balthazar (le black de la bande), vous m’auriez accusé de pensées zémouriennes.

2- Lucie (ou Lulu) c’est ma petite soeur. Elle a 23 ans mais j’ai bloqué les compteurs à 14. Et à cet âge là, elle croyait encore au Père Noël. Elle étudie le droit et s’apprête à conquérir l’Europe puis le monde depuis le Poudlard polonais, à Varsovie, le collège de l’Europe akka l’endroit où on forme les rois mages de la Commission. (Ach ! Zeimmour zors de ze corps).

C’est mon premier Noël Bordelais. Le canapé noir est à sa place dans le Love Appart décoré par la belle et dont le sapin nous a été offert par notre colloc’, Glwadys. Lulu est installée en tailleur sur le canapé blanc. Elle a mis le pled en peau de mouton sur ses genoux parce qu’elle a froid. J’ai préparé des albondigas de Noël, forcément, et parce qu’on va rester dans le sphérique j’ai demandé à un pâtissier de nous préparer mon dessert préféré : le Merveilleux. C’est de la meringue, de la crème fraîche façon chantilly-mascarpone et des copeaux de chocolat parsemés sur de magnifiques petites boules… Le pâtissier en question c’est Sébastien. Lui aussi voulait dîner avec Santa mais Lulu a été plus rapide et puis c’est ma petite soeur. Néanmoins, je lui ai dit, si tu veux voir Santa viens faire le dessert. Sébastien est un mec incroyable. D’abord c’est un Iron Man, le mec agaçant, sportif et blond et ayant fait des études brillantes et tout et tout. Sauf que Sébastien a du talent et il est vraiment malin et ne se repose jamais sur ses lauriers de statut grecque. Il s’est lancé dans la pâtisserie et son CAP en poche il a développé un logiciel pour aider ses confrères à gérer leur stock. Je simplifie mais c’est une manière de vous dire que c’est un mec chouette que vous pouvez rencontrer ici. Sa boîte s’appelle FoodMeUp.

Je suis un peu inquiet. Oui parce que tout le monde sait que Santa n’existe pas. Sauf Lulu et Sébastien. (oui Belle et Sébastien… ok je sors). Ça m’embêtait de leur avouer ce mensonge culturel et psychologiquement désastreux. Merde, c’est pas à moi de leur dire ça ! Et faire pleurer Sébastien ça me ferait vraiment mal au coeur. Donc voilà, je leur ai dit que Santa allait venir mais en fait je n’en sais rien. J’ai envoyé une lettre à l’adresse que France 2 dévoile tous les ans. J’ai également envoyé une lettre à mes parents ainsi qu’à ceux de Sébastien pour voir si ils ne pouvaient pas faire un petit quelque chose, genre se déguiser. Aucune réponse. De personne. Alors je temporise pendant que Sébastien enrobe la meringue avec la crème fraîche sous l’oeil un peu trop attentif de Lulu.

– Tu sais Lulu, nous sommes le 24 décembre et outre le fait que ce soit mon anniversaire et celui de Roselyne, le père Noël doit aussi s’occuper des cadeaux des enfants du monde entier. Du moins ceux des fidèles Chrétiens. Ouais, c’est la crise et il a du faire un choix cette année.

– Mais on n’est pas baptisé dans la famille !

Je sens la panique monter dans son regard.

– T’inquiète j’ai géré ça : j’ai baratiné Santa et je lui ai dit que Sébastien ferait un Merveilleux. Il m’a répondu qu’il ferait alors une exception.

C’est faux naturellement. Même si moi, à la place de Santa, l’argument aurait fait mouche. Je dois mentir comme un parent digne de ce nom. Je me rends compte avec plaisir et effroi que je sais très bien faire ça.

Et là, pire que tout, je sors la phrase que vous entendrez tous dans quelques heures :

– Allez, on va ouvrir la bouteille de champagne, ça va le faire venir.

Ouais sauf que dans les dîners imaginaires ça marche vraiment et je peux décider de faire venir l’invité au moment même où on entend le bouchon de champagne s’extraire de la bouteille : bop ! Le courant d’air des fenêtres qui s’ouvrent comme dans Hook, la neige dans le salon, l’électricité qui fait des siennes, les coeurs à la Tim Burton, un coup de tonnerre et hop, voilà Santa dans le canapé noir. Santa mierda de puta cabrones ! Santa Klaus est dans mon salon. Lulu est toute excitée et saute sur la canapé blanc. Quant à Sébastien il s’est mis de la crème fraîche sur le pantalon. Grande classe.

– Bonsoir Santa ! Heureux que vous ayez répondu à mon invitation. Il y a en deux ici qui n’attendaient que vous. Puis-je vous servir une coupe de champagne. Remarquez vous avez encore beaucoup de traîneau à faire ce soir.

Il me regarde, méprisant ma blague lourde et se saisit de la bouteille pour la boire au goulot. Intégralement et il finit de se désaltérer par un rot sonore. Je suis un peu sous le choc craignant du résultat qu’un tel spectacle provoquera dans les yeux d’enfant de mes deux autres invités. Que neni. Lulu applaudit bruyamment le rot du barbu qui se précipite sur mes albondigas. Il se goinffre. C’est écoeurant. Il a de la viande hâchée plein la barbe qu’il s’essuie avec la manche.

– Pas si vite Santa ! Remarquez, vous êtes peut-être pressé…

– Oh oh oh.

Lulu enlève un dernier morceau de boulette de la barbe de cet étrange père Noël. Au moment où leurs visages sont au plus proche, ils s’échangent un regard profond, déroutant, sensuel. Je frémis. Non seulement parce que ce type de comportement frôle l’inceste mais je me dis que ce Santa Klaus a plus l’air d’un usurpateur ayant trouvé le moyen de draguer ma petite soeur. Et croyez moi, dans ce regard, il n’y avait point de bonhommie « always coca cola » mais plus un remake scandinave de Down in Mexico.

Bon du coup, je me fâche.

– Je ne peux pas tolérer ce genre de sous-entendu Santa ou qui que vous soyez. Certes Lulu est majeure mais elle n’a que 14 ans après tout. Alors vous prenez un morceau de merveilleux pour vos rennes qui n’y sont pour rien et aller faire votre tournée de vieux vicieux ailleurs. C’est compris ?

Admirez l’autorité face à la tradition millénaire de mes deux ! Et là, réflexe de salle gosse : je tire sur sa barbe.

Et elle me reste dans les mains.

Et là, croyez le ou non et de toutes façons, vous n’avez pas le choix, c’est un dîner imaginaire, je me retrouve face à Jon Snow. Je veux dire l’acteur Kit Harington qui incarne le personnage Jon Snow dans la série Game of Thrones. Je ne sais pas trop comment réagir et tout ce que je trouve à dire est un piteux :

– Oh Shit, winter is coming

…dans ma barbe. Ma vraie barbe.

Sur ce fait d’arme verbal dénué de gloire, Jon/Kit se lève, m’écarte de son chemin, jette un regard glacial à Sébastien qui a tenté à son tour de s’interposer et il se dirige vers Lulu dont les joues se sont ostensiblement rosées. Il la porte sur ses épaules larges et musclées et l’emmène sur son traîneau tiré par son loup blanc qui était garé sous la fenêtre. Et Jon qui dit à Lulu :

– J’ai quitté la garde de nuit et renoncé au célibat.

… et Lulu qui lui répond en gloussant :

– Emmène moi sur ton mur blanc !

Et ils s’envolent vers la banquise recouverts d’une peau de bête.

Sébastien et moi finissons notre soirée sur le canapé à dévorer son délicieux merveilleux comme des desperate housewives. Ma frangine n’aura pas toujours 14 ans, je dois me faire une raison.

Joyeux Noël Lulu.

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4 réflexions sur “Mon dîner avec… Santa Klaus et Lulu

  1. Lui se faire coucher par du champagne ? Avec tous les verres de vin chauds (et froids) qu’ils s’envoient en une nuit je n’y crois pas, haha
    J’adore votre concept de dîners imaginaires, en plus d’être hyper original c’est super à lire ! Je continue…

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