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Au lendemain de la victoire éclatante du Front National aux élections européennes, je me devais d’inviter son chef de file et celle qui sera très certainement la première femme présidente de la République Française : Marine Le Pen.

Marine, bien qu’europhobe ou tout du moins eurosceptique est une grande amatrice de gastronomie espagnole. C’est étonnant mais c’est un fait : elle ne peut qu’apprécier un pays qui mette à ce point en avant sa charcuterie. Tout est bon dans le cochon sauf pour les Arabes : ça ne peut que flatter ses nobles origines celtes. La reconquête de nos terres face à l’invasion des Sarrasins se passe aussi dans le palais, surtout les moins délicats.

J’ai mis mes plus belles bretelles.

Je me suis dit que ça lui rappellerait cette France d’antan, la France d’avant la mondialisation, celle de Marcel Pagnol et de Fernandel, la France du petit épicier qui se lève tôt et qui compte consciencieusement le fruit d’un dur labeur à la fin de la journée.

On cogne tape à la porte.

– Bonsoir Marine, comment allez-vous ?

– Ma foi merveilleusement bien (elle rit bruyamment, ce rire de fumeuse, gorge déployée).

Elle entre dans l’appartement avec sa démarche un peu balourde. Malgré une veste beige élégante sur un chemisier laissant apparaître son décolleté orné d’un bijou imposant (de famille, très certainement), un maquillage soigné qui ne gomme pas les charmantes pattes d’oie qu’elle a au coin des yeux lorsqu’elle sourit, un pantalon assorti à sa veste, mettant en valeur ses formes généreuses sans trop les mouler ostensiblement, Marine peut difficilement cacher ses airs de garçon manqué.

Elle s’assoit sur le canapé en cuir avant même que j’ai eu le temps de l’y inviter. Marine ne croise pas les jambes, elle les écarte comme un homme, penchée en avant, les mains jointes.

– Alors, qu’est-ce qu’on mange ici !

Elle rit bruyamment encore une fois. C’est un peu gênant.

– Marine, laissez moi d’abord vous offrir à boire.

Je lui sers un verre de Rioja, un Marques de Cáceres, histoire d’y aller à fond dans le cliché. Je ne veux pas la troubler dans ses repères oenologiques et qu’elle s’imagine qu’on fait du meilleur vin que le Bourgogne en-dessous des Pyrénées.

– Pour vous rassurer Marine, permettez-moi de boire en premier afin de vous prouver que vous ne craignez rien. Je ne veux pas que vous imaginiez que j’empoisonne toutes les personnalités de droite qui viennent dîner à la maison.

– Oh mais je vous fais confiance mon petit Tonio.

Elle me tape sur le genou en riant bruyamment une nouvelle fois. Cette femme doit avoir pas mal de problèmes avec les hommes. Si les hommes l’intéressent. Ce serait drôle qu’il y ait une histoire d’inceste tante/nièce dans la famille Le Pen… Je me perds dans des conjectures érotico-aristocratiques qui vont bien au-delà du politiquement correct pendant que je prête une oreille distraite au récit de ces dernières vacances au Parador de Bénidorm avec son compagnon Louis Alliot. Elle évoque aussi sa nostalgie du franquisme :

– Je me souviens de ce film, très orienté politiquement, on sent l’influence judéo-communiste derrière n’est-ce pas (tiens, un relent de son père), comment s’appelait ce film déjà… où cette dévergondée de Victoria Abril joue une anarchiste et finit par se faire égorger par les troupes franquistes, des Arabes en plus ! Jouissif.

Encore ce rire bruyant.

Libertarias… Marine, passons aux choses sérieuses si vous le voulez bien. Je vous ai préparé un plat spécial : j’ai fait une petite incartade à mes habitudes ibériques. Je vous ai préparé un couscous. Mais pas n’importe lequel : un couscous au canard hallal en suivant la recette de mon ancien professeur, Christian Coulon.

– Le voilà donc le piège. Mon petit Tonio, vous m’excuserez mais votre sarrasinade, vous pouvez vous la mettre où je pense.

Elle se lève et se dirige vers la sortie. La porte est close. Elle se retourne vers moi, angoissée.

– Vous vous doutez bien que je ne vous laisserai pas partir comme ça.

J’enfile mon masque de lucha libre et lui hurle en prenant mon plus bel accent mexicain :

– Appelle moi Pujadas en prononçant la « jota » correctement s’il te plaît : PuRadas !

Elle glousse.

– Mon petit Tonio, vous êtes trop grand pour jouer le rôle de ce pantin de Pujadas. Laissez moi sortir.

– J’ai dit « PuRadas » !

Je lui donne un petit coup de cravache sur la hanche.

– Déshabille toi !

Elle me sert un sourire canaille. Je savais que l’expérience lui plairait.

Elle retire ses vêtements dévoilant son embonpoint engoncé dans une lingerie en cuir. Je m’approche d’elle sournoisement faisant le tour de cette masse politique rendue à ma merci. Un coup de cravache sur la fesse droite.

– Dis mon nom.

– Pujadas

Dit-elle d’une voix impatiente d’avoir la correction qu’elle mérite.

– PuRadas !

Un coup de cravache énergique sur la fesse droite. Je lui ordonne de se mettre à quatre pattes. Elle s’exécute.

– Comment trouves-tu mes mollets ?

Un coup de cravache.

– Tu les aimes mes mollets hein ?

Un coup de cravache.

– C’est quand même autre chose que ceux de ce blondinet de Delahousse ?

Deux coups de cravache.

– Oh oui, mon petit Pujadas.

– PuRadas ! Il faudra te le dire combien de fois ?

Je suis pris d’une rage folle et lacère son gras de toutes mes forces. Ses cris de fumeuse retentissent dans la cour de l’immeuble arrosée par une pluie d’orage.

La douleur devenant insupportable, elle tente de s’échapper et se précipite vers la fenêtre. Je la retiens violemment en lui maintenant les mains derrière son dos et en la plaquant contre les carreaux de la fenêtre. Son corps massif s’aplatit. Le tonnerre dehors retentit et la lumière de la foudre éclaire sa cellulite.

– Tu es vraiment très vilaine. Une très vilaine petite fille, Marine.

Elle rit bruyamment encore.

– Maintenant, rends moi service, appelle moi papa.

Son rire s’interrompt. Elle halète et se met à pleurer tout aussi bruyamment. Je relâche peu à peu ma prise et m’assoit sur le coin du lit. Elle s’effondre, son corps est agité par les spasmes de son chagrin.

– Rhabille toi Marine et sors. Tu me fais honte.

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3 réflexions sur “Mon dîner avec… Marine Le Pen

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