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Il est très désagréable de se sentir ciblé. Voyez, comme dans les films, lorsque vous vous apercevez qu’un petit point rouge se balade sur votre torse et que vous n’avez pas de gilet pare-balles. Je découvre BEEF ! magazine dans sa version française grâce à un tweet et déjà une polémique autour d’un édito jugé « sexiste et rétrograde ». J’aurais pu me contenter d’un haussement de sourcil et passer mon chemin, sauf que les noms d’oiseau émanent des Inrocks, c’est donc forcément louche : il me fallait vérifier.

beef magazine Une

Je passe rapidement sur l’édito, objet du délit : un gamin de 6ème est capable d’analyser le champs lexical de ce texte et d’en conclure à la provocation et au second degré. Que la rédaction des Inrocks manque passablement d’humour, ça ne surprendra plus personne.

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Feuilletons donc ce brûlot ressassant les vieilles lubies du mâle complexé. Formellement parfait : de belles photos qui font saliver, un papier fin et équilibré, une maquette efficace pour une lecture gourmande et une couv’ qui fait marque-page, un détail qui a son importance pour le Parisien qui ne parvient pas à finir son article entre deux stations de métro. Ajoutez à cela, un carnet central dépliant avec des recettes. Simple mais audacieux. Alors bien sûr, vous trouverez quelques placements de produits mais discrets et toujours en cohérence avec le fond.

Le fond justement… Deux reportages, des conseils pour vos accords mets et vin, un dossier visuellement halluciant sur le barbecue : le mâle qui sommeille en moi a faim… la honte !

Certains diront qu’un magazine à 7,50 euros c’est cher mais c’est un trimestriel : faites le calcul. Quant à la fameuse cible, Beef s’adresse au mâle gastronome qui a les moyens de se payer une bonne tranche de bifsteack c’est évident. Ouf le sniper s’est peut-être trompé de cible, quoique ça ne m’empêchera pas de faire saliver le viandard décomplexé planqué dans les zones inavouables de mon cortex cérébral. ça heurte la foodista branchée qui se délecte de molécules et de mini-portions dans des lieux exigus déguisés en cup-cake ? Tant mieux.

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Pardon de le rappeler, mais oui un homme et une femme ne cuisinent pas de la même manière. Oui c’est culturel, un état de fait contre lequel certains voudraient lutter au nom d’une égalité parfaite. Personnellement ça m’emmerde. Mon père fait cuire sa côte de boeuf au barbecue. Ma mère au four et au gros sel. Elles sont aussi bonne l’une que l’autre (désolé papa). Affirmer que l’esprit néandertalien qui s’exprime en attisant les braises (et avec fierté qui plus est) est une marque de la domination masculine réminiscente, c’est le niveau zéro de l’analyse politico-anthropologique.

hank moddy serviette de bain

Le plaisir, l’humour, les jeux de rôle Mesdemoiselles ! Rappelez-vous ! Acceptable dans nos alcôves et même recommandé dans le supplément estival « hot et décalé » des Inrocks mais quand il s’agit de nos estomacs, nada ! Non, la France, patrie de Simone de Beauvoir , est un pays bien trop sophistiqué pour se laisser aller à ses instincts primaires.

BEEF ! me plaît. Suis-je donc un gastrosexuel rétrograde ? La vraie question est la suivante Mesdemoiselles (oui Mesdemoiselles !). Soyez honnêtes : est-ce vous qui allez me jetez la première pierre ou vos maris jaloux ?

hank moody retarded

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5 réflexions sur “« BEEF ! Le magazine du gastrosexuel ? »

  1. et si je t’écris alors que Beef est ouvert sur le canapé à côté de moi (page 67 : brochettes de côte à l’os façon barbecue), c’est grave docteur ?!

  2. Alors là je dis bravo à Tonio pour ce commentaire sur ce nouveau magazine !
    C’est sûr que franchement… ça nous manquait et que ce BEEF! est novateur.
    Un journaliste qui sait de quoi il parle… top… ça met en appétit…

    • Bonjour Olivier,

      Merci pour votre commentaire. Novateur je n’irai peut-être pas jusque là car après tout la structure en elle-même du magazine est classique. Par contre c’est vraiment un très bel objet qui met en valeur des articles de qualité et qui ne méritait certainement cette levée de bouclier. Et au final c’est aussi pour ça qu’on parle d’eux et pour le coup c’était bien joué 😉 !

  3. Pingback: Pourquoi les Parisien(ne)s sont-ils si maigres ? | Ya Está by Tonio

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