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Premières chaleurs printanières, premières émotions dans le pantalon et premiers suffoquements… à cause de la pollution. Je constate à mon retour des tropiques que vos sens sont altérés, en éveil. Vous êtes prêt(e)s à bondir sur la première tomate qui passe, pressé par la météo de manger du bon, du frais, attiré tel un taureau par la couleur rouge et chatoyante de ce fruit aux accents du Sud.

Bob and Boops

« Tonio, tu nous fais un Gazpacho ? » Ce n’est pas encore la saison et on s’en fout ! Laissez votre instinct parler et casser la gueule du premier ayatollah qui s’embrase en faisant l’éloge du « bon produit ». Il n’y a pas de bon produit, que de bons cuisiniers. Ya está. Quitte à faire un Gazpacho verde !

Certes, il n’y a pas de bonnes tomates à Paris, quelque soit la saison d’ailleurs. Il y aura bien un autre ayatollah qui vous ventera le petit primeur sur un marché du 8ème arrondissement présent le mercredi de 10h30 à 11h, à côté du poissonnier qui parfois devient un charcutier et blablabla. Roger et « la meilleure tomate de Paris » : cabrones ! No, la meilleure tomate du monde se trouve dans un pueblo andalou près de Séville : Los Palacios. Vous n’avez jamais mangé de tomate avant d’avoir goûter celle-ci croyez moi.

Nous sommes en mars, nous sommes à Paris, vous avez envie d’un Gazpacho : allez dans le premier Lidl du coin. Pas chère, la tomate est ramassée par un Sénégalais sous une serre en plastique d’Almeria : c’est parfait. Elle aura le goût de la sueur, des larmes, du sang, de la douleur : un concentré de flamenco. Olé ! Ensuite tu trouves un concombre, de l’ail (3 gousses ya esta), un oignon, un poivron de préférence rouge pour la couleur. Parce que oui l’important c’est la couleur. Tu laisses quelques épluchures de doigts en pelant le poivron et la tomate, tu rajoutes un peu de mie de pain (las migas !), un filet d’huile d’olive, du sel, du poivre, un tout petit peu de piment d’Espelette, un peu d’eau mais pas trop and all in the mix !

Il vous faut sucrer le tout pour couper l’acidité de la tomate et surtout pour compléter la sainte trilogie (sucre, gras, porn pour celles et ceux qui débarquent). Là vous avez la méthode belge : vous pouvez rajouter de la Betterave cuite. J’ai aperçu votre grimace. C’était la mienne quand on m’a appris ce « truc ». Il ne faut pas déconner : on ne va pas réussir à me faire avaler cette horreur du Nord en la planquant dans mon Gazpacho. Je vous conseille plutôt la cuillère à soupe de sucre de canne et un zeste, un tout petit zeste de cumin, le meilleur ami de la tomate.

Servir frais, dans un verre avec des glaçons… Voilà, vous êtes content(e) ? Vous avez votre Gazpacho ? Maintenant, c’est l’heure de vérité. Le Gazpacho, ça m’emmerde. Et tant que vous êtes chez Lidl, achetez du Alvalle, il est très bon et au moins vous ne perdrez pas vos doigts et votre patience à éplucher les tomates.

Il n’y a vraiment que deux endroits au monde où vous pourrez me voir me délecter d’un Gazpacho. Au bar Casa Julio, près de la plaza Nueva de Granada. Gazpacho au verre avec des Berenjenas et des pescaditos fritos, frescos, frescos ! Ou alors dans cette payotte sur cette plage abandonné au beau milieu du parc naturel de Doñana entre Matalascañas et Mazagon. Sur cete plage il y a autant de culs nus que de tentacules au Txipipulpo et vous avez une chance sur deux de vous faire car-jacker. C’est le prix à payer pour partager un Gazpacho avec Paco de Lucia, face à la mer et entouré de femmes à demi-nues. Paco… donde estás ?

Patrick naked

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5 réflexions sur “Gazpacho de saison… qué no !

  1. Madre mia del amor hermoso… j’évoquais tout récemment sur fesses de bouc ce scandale des clandos subsahariens réduits à l’esclavage dans les mers de plastique polluantes d’Almeria ou de la Doñana… mais au sujet des fraises 😉 Pura casualidad…

    Lo confieso, soy de los ayatollahs esos del producto ;-( et pire encore, me ponen a cien les légumes hype du marché de l’Alma, eso si, je sais où en trouver sans me traîner là-bas. Je suis sympathisante locavore, pas loca 😉

    Por cierto, j’ai souvent vu de la remolacha à toutes les sauces en Espagne, la betterave pour adoucir le gazpacho ça ne me choque pas. Carrément moins que certaines soupes froides françaises porteninwak appelées gaSSSSpacho parce que c’est glamour ;-(

    Bon, lo siento mucho, mais le gazpacho ni hablar en dessous de 28°C, par respect pour ces pauvres paysans dans la huerta écrasée qui ont eu l’idée de se sustenter avec ce qu’ils avaient sous la main en même temps que de s’hydrater ET de se rafraîchir. Et le meilleur c’est le mien, como no, ou alors celui de la Ogra que todo lo logra ¿como? tu ne connais pas ¿el gazpacho de la Ogra?

    Voilà, on en a eu notre dose de folklore almodovaresque, moi je retourne à mon txipipulpo fernandocanalesque 😉

    PS : wtf total cette histoire de Los Palacios… a mi me suena al pueblo donde las gemelas mas « famosas » de Ezzzzpaña (j’adore tous les accents andalous)

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