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No te lo vas a creer !¹ C’est un anachronisme, une bulle d’Espagne sortie de nulle part qui a émergé il y a un demi siècle et qui observe sans broncher les changements du quartier.

Nous sommes lundi soir, les berges du Canal Saint Martin sont désertées par les hipsters partis se coucher tôt. Pobres chicos. La devanture du bar irradie de ses néons rouges fluos « La Paella » et le patron te regarde interloqué derrière sa vitrine : tu es en train de prendre une photo.

Restaurant espagnol La Paella

Oui je suis un guiri², un turista dans sa propre ville. Mais por favor, c’est THE spanish bar en plein 10ème arrondissement parisien. Fijate tio : le bar de siempre, le menu encadré dans du fer forgé, le patron et son polo rouge de la roja, les photos des soirées mémorables d’un autre temps, les écussons des équipes de foot préférées, des écrans de télé et la musique sortie de je ne sais quelle radio hispano-tropical, camisa negra et tout le tralalala.

Lundi soir. Personne. Pero nadie ! Les serveuses se regardent dans le blanc des yeux, en cuisine ça déconne avec le poulpe qui traine dans la casserole, je commande un tinto de verrano pour faire genre.

Les servilletas du bar La Paella

Je suis muerto de hambre³. On jette un oeil sur la carte traduite en espagnol et en français : le mimétisme est poussé jusqu’au bout, jusqu’aux servilletas d’ailleurs et leur « gracias por su visita ». Tortilla de verdad, croquetas de pollo, un peu de queso par-ci et soyons fou unos pimientos del piquillo. La finesse n’est pas au rendez-vous je ne vous le cache pas. Mais franchement, da igual. J’ai l’impression d’être dans un de ces rades de bord de route, là où votre bus s’arrête à 3h du matin pour faire le plein au milieu du désert de la Mancha. Bueno, Penelope Cruz n’a pas surgi de nulle part pour un show phénoménal sur la barra qui aurait réveillé le poulpe… dans sa casserole. Muerto de hambre je vous l’avais dit mais il n’y avait pas de machines à sous.

Attention tarte à la crème : « c’est un voyage au bout de la rue ». Claro que si. Une sensation à la Bagdad café. Abandon désuet et salutaire quand on veut s’isoler de l’air du temps et prendre un shoot de España autentica. Salutaire et buneos precios : 3 personnes, 3 tournées de vino et 2 tournées de tapas pour 20 euros par personne. Pas mal para volver a casa (4).

1- « No te lo vas a creer » : tu ne vas pas le croire 

2- « Guiri »: mot de l’argo espagnol pour désigner les touristes

3- « Muero de hambre » : mort de faim.

4- « Volver a casa » : rentrer à la maison. 

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