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Bueno, cette fois-ci, ce n’est plus un test de privilégiés : on met les mains dans le Gazpacho et on se frotte à la carte en conditions réelles. Pierre nous avait vendu du rêve la dernière fois : une carte exigeante et des prix serrés pour ne pas sacrifier la convivialité sur l’autel du snobisme.

J’avais peur. Vue la qualité des produits (le bellota !) et le soin de la conception-présentation, ajoutez à cela une déco classieuse néo-indus… la bourgeoise prétentieuse n’allait pas tarder à rappliquer avec son pouvoir d’achat ravageur.

Farago : le menu

Nous sommes mardi soir, il est bientôt 21h et la salle est comble alors que sur notre chemin, la Cour des petites écuries faisait grise mine (again). Pierre nous trouve une petite table malgré tout et nous tend sa toute nouvelle carte. Bingo : simple, efficace et sans entourloupe sur les prix et les quantités. Seule inconnue : le menu à 20 euros par personne (pour 2 personnes). On se laisse tenter avec une bouteille de Casa Castillo 2011 à 25 euros. Charcuterie de bellota à gogo et une large, très large sélection de tapas défilent sous nos yeux dont le remarquable Solo-mio, épaule de veau sur une tranche de brie et une tranche de pain. Simple, efficace. Ya Está. J’étais sceptique il y 15 jours, je change mon fusil d’épaule. On se dit qu’on remettrait bien ça.

Solo-Mio : épaule de veau à la plancha, brie fondu, fleur de sel de Guérande

Solo-Mio : épaule de veau à la plancha, brie fondu, fleur de sel de Guérande

Viennent alors 4 « Jolitos Verdes » (4 euros) petites crêpes aux épinards fourées à la ricotta et à la tomate et le « Txipipulpo » (7 euros), chipirons à la plancha avec leur encre. Ce dernier plat est une création du chef basque, Fernando Canales, la caution étoilée de Farago. C’est la section « Bec faim » du menu… Plus chère et plus minimaliste dans l’assiette : de quoi séduire la lectrice de My Little Paris.

Le Txipipulpo : chipirons à la plancha et son encre façon Fernando Canales

Le Txipipulpo : chipirons à la plancha et son encre façon Fernando Canales

Je préfère me concentrer sur la carte des vins, absolument démentielle : du choix (Espagne à l’honneur mais des pépites rares côté français), de la qualité (Dios mio, il va me réconcilier avec le Rioja !) et encore une fois des prix plus que corrects (pour 25-30 euros, tienes un vino que te cagas¹).

Tout de même, subsiste un doute. Pourquoi faire travailler un chef sur une carte alors que des idées Pierre et son équipe n’en manquent pas ? Réponse en deux temps : le moyen d’avoir accès à des produits d’exception via le réseau de producteurs du chef et de ce fait proposer lo mejor de España au meilleur prix. Et une envie réciproque de s’éclater dans un lieu qui a de la gueule. Punto.

Au final on en a eu pour 40 euros par personne todo incluido. Oui c’est plus cher que le bar andalou du coin mais on a bu comme des cochons et c’était délicieux. On ne s’est surtout pas pris la tête avec des calculs alambiqués,  « s’éclater dans un lieu qui a de la gueule » : cela résume bien la soirée.

Bombas de chocolate

Bombes au chocolat : le churros revisité

1 : Tienes un vino que te cagas : traduction mot-à-mot interdite. Grosso-modo : pour ce prix là, tu as un vin qui déchire.

INFOS PRATIQUES : 

Farago

11 cour des Petites Ecuries

75010 Paris

Ouvert du lundi au samedi de 19h à 1h

web site : http://farago-pintxoclub.com

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6 réflexions sur “Farago, le pintxo to be (part 2)

  1. Non, allo, mais allo ? Des prix très corrects pour les vins ?
    Il y avait un excellent tarragona chez Lidl.
    Hélas, hélas, d’autres ne s’y sont pas trompés, il ne restait que deux bouteilles.
    Et depuis, dès que c’est réapprovisionné, cela disparait.
    Moins de trois euros…
    Un excellent Ribeira, en Espagne (hors magasins d’aéroports qui exagèrent grave), c’est combien, déjà, pour mémoire ?
    Bon, là, c’est une culbute de cinq ou de six ?
    Pour le reste, trouver des filières d’approvisionnement « d’exception », ouaf, ouaf…
    Connues sans doute de quiconque fréquente un peu l’Espagne, non ?

    • Cher Jef,

      Comparons ce qui est comparable si vous le voulez bien. Une bouteille de vin achetée en supermarché sera toujours moins chère que celle que vous achèterez dans un restaurant et c’est normal : un établissement fait une grande partie de sa marge sur les boissons. Et c’est normal car il y a un loyer et du personnel à payer.

      Comparons ce qui est comparable : on trouvera difficilement à Paris un bar à tapas comme nous les connaissons et comme nous les aimons en Espagne, c’est à dire, des boissons et une nourriture très abordable et qualitative. Question de culture, d’approvisionnement, de loyer, de personnel etc, etc, etc.

      Ce qui m’intéresse avant tout, c’est un rapport qualité-prix, un état d’esprit et la convivialité du lieu. Un vin de cette qualité là, à ce prix là, à Paris, c’est suffisamment rare pour être souligné.

      Là où vous avez raison c’est sur la clientèle volatile et je l’ai souligné dans mon billet. Pour ma part, je suis plutôt fidèle aux établissement que je fréquente à condition d’être bien reçu et de manière constante : c’est le cas chez Farago.

      Je testerai avec plaisir les adresses que vous nous indiquez pour voir si ils proposent une assiette de charcuterie de « bellota » aussi bonne, aussi copieuse et moins chère.

      Oui, Farago s’inscrit dans une fourchette de prix élevée par rapport à nos canons espagnols parce qu’ils travaillent sur des produits extrêmement qualitatif. Il en faut pour toutes les bourses, toutes les ambiances et toutes les envies et les futurs billets dans cette rubrique vous le prouverons. Personnellement, quand je décide de me faire plaisir sans me prendre la tête Farago est tout indiqué. Et ce ne sont pas les hipsters du quartier qui ont déjà investi le lieu qui vont m’en dissuader.

      Bien à vous.

      Antoine.

      • On peut absolument le voir comme vous.
        Cela étant, voyez les prix et la quantité au Papi Chulo (c’est la grand-mère ou la tante qui sont le soir en cuisine), le choix : certes, ce sont des tapas traditionnelles. Pour le vin, les prix sont hélas comparables (Manolo fait en sorte qu’il s’agisse de vins qu’on ne trouve pas dans le commerce).
        Mais le pot d’un litre de sangria à 15 euros, c’est très correct.
        Un seul bémol : un seul brandy (pas mal) aux côtés des vodkas, whiskies, &c.
        Un avantage supérieur : parfois, c’est improvisé, guitares et ambiance… et tournée des patrons.

  2. Pingback: Le "Txipipulpo" selon Fernando Canales | Ya Está by Tonio

  3. Pingback: Ya Está… Bordeaux ! | Ya Está by Tonio

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