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Vous permettez que je me la raconte un peu ? La semaine dernière nous testions en avant-première avec la belle, ce nouveau bar à tapas du 10ème arrondissement de Paris. Privilège des gens biens que voulez-vous.

Sur le papier, l’adresse a tout pour me déplaire. Logo chic et épuré, pintxos revendiqués à la sauce AOC et autres produits d’exception et donc forcément hors de prix, tapas de luxe influencées par de grands noms de la côte basque, territoire de la gastronomie ibérique high level, un club et pas un bar, histoire de se donner un genre « private access ». Non mais allo ? Vous ajoutez à cela une localisation bobo et branchée, la Cour des Petites Ecuries, coude urbain pavé et arboré à l’abris de la circulation histoire d’accentuer encore un peu l’entre soi hipster du quartier… Oui c’est mon côté réac, Périco Légasse, sors de ce corps, « no más Petitrenaud en mi utero » !

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Lundi soir. Les rues de Paris sont désertes et Farago aussi. Nous nous installons au bar. Pierre nous accueille et Iñigo s’active en cuisine. Première impression : oui c’est noir, oui c’est chic, oui la lumière est tamisée mais on s’y sent bien. Derrière la vitrine sur le comptoir, les Pintxos bardés de Jamón me font de l’oeil : les proportions ont l’air généreuses. Première tournée de vino tinto. Sélection attentionnée. Oui c’est un Rioja mais surprise il ne nous assomme pas de sa masculinité tauromachique. Je baisse ma garde.

Pierre et Iñigo en profitent alors pour enchainer les passes de muleta : crêpes aux épinards fourrées à la crème avec une pointe de tomate, Jamón de Bellota, croquetas avec une béchamel onctueuse et bien plus légère que les miennes relevées par le fumé d’un excellent chorizo, une tortilla certes moins épaisse et plus baveuse que la mienne mais excellente au goût et, coup de grâce, bikini de confit de canard, fondant. Divin.

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Nous sommes toujours seuls dans le bar. Pierre n’a pas encore ouvert officiellement et fait la tournée des copains pour avoir les premiers retours sur ses produits. On se sent bien. Les verres défilent et les tapas aussi. Alors que je ne peux plus rien avaler, Iñigo nous présente son interprétation du churros con chocolate avant d’enfourcher son vélo. De petites boules de gras avec du chocolat à l’intérieur. J’hallucine. On retrouve la quintessence du churros dans cette pâte à beignet fine et délicate. Le chocolat vous explose en bouche. C’est simple comme un « buenos dias  » et j’en pleure de bonheur de retrouver en une bouchée le goût de mes desayunos andalous. C’est l’estocade. Je suis chaos, bluffé et heureux de savoir que ce comptoir n’est pas loin de chez moi (et oui, hipster d’un jour, hispter toujours).

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Reste une question cruciale : la dolorosa. Pierre nous promet une carte accessible et je veux le croire sur parole. Prochain test en conditions réelles très prochainement : en attendant, on a juste envie de revenir et faire découvrir l’adresse aux copains.

Derrière le bluff de l’épure et de la tapa de lujo, nécessaire pour satisfaire une clientèle parisienne bête comme ses pieds et donc pour survivre en terres hostiles, il y a peut-être là cet écrin d’Espagne que je m’évertue à retrouver. Nous avons voulu y retourner cette semaine : fermeture exceptionnelle pour cause de rupture de stock. C’est vous dire.

Farago 

11, Cour des Petites Ecuries

75010 Paris

Page Facebook.

Site Internet.

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15 réflexions sur “Farago, pintxos club and place to be ? (part 1)

    • Et je suis bien placé pour le savoir… Mais je vais sûrement faire le second round d’ici la fin du mois. Il y a du lourd et une équipe sympa. J’y reviendrai dans mon deuxième billet ;-).

      • c’est le style introduction type « analyse socio : mais on est des bobo ou des hipsters au final ? » Je me demande où ça va nous mener, et finalement on s’en fout : ça me donne juste méga envie d’y aller voir !

      • Je crois qu’en fait l’esprit des lieux, c’est à nous de le faire. Et qu’il ne sert à rien de se réfugier derrière un discours anti bobo ou hipster en restant assis sur son canapé et constater avec un fatalisme complice la gentrification des centres villes. Farago fait parti des endroits où l’on se sent bien et où justement on a envie de faire venir un maximum de copains pour justement garder le plus longtemps possible cette convivialité qui nous manque. On s’y donne rdv un de ces quatres ? 😉

  1. Pingback: Farago, le pintxo to be (part 2) | Ya Está by Tonio

  2. Ce genre de truc s’épuisera assez vite. Dans trois ans, fermeture ou rénovation, et nouveau concept. Ce type de clientèle est volatile.
    Autre chose à découvrir dans le coin : Floyd’s (ex-Gitane, ex-Univers), rue d’Enghien.
    Bonnes qualités, décor speakeasy soigné, mais prix en rapport.
    Mais, perso, quelle que soit la qualité, pour être régulier, les prix sont prohibitifs.
    Et puis, les tapas du Papi Chulo (bientôt revendu), rue des Petites-Écuries, me suffisent amplement (et c’est copieux et fort abordable).

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    • C’est vraiment excellent ! Alors bien sûr c’est un peu cher, mais je n’ai pas trouvé meilleur rapport qualité/prix à Paris. On y mange le meilleur Bellota au meilleur prix ! Et puis tant qu’il fait beau, il faut profiter de la terrasse dans la Cour des Petites Ecuries… Bref, fonce !

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