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J’ai les boules.

Je ne voulais pas parler de politique dans ce blog. Ce n’est pas le sujet et il y a longtemps que je regarde tout cela de loin, en France ou en Espagne. Non que ça ne m’intéresse pas mais mon empathie me pousse facilement à l’indignation souvent chronophage et hélas, ô combien stérile.

Je vais être franc avec vous : je ne porte pas la droite espagnole dans mon coeur. Il s’agit même d’une haine viscérale. Héritière du franquisme, elle tente vainement de se réfugier derrière l’étiquette « centriste ». Il n’en reste pas moins que son rapport à l’église catholique est plus qu’ambigu. Et lorsque vous vous apercevez que cette même église célèbre l’ancien dictateur entre ses murs alors que dehors de jeunes fanatiques chantent l’ancien hymne espagnol, bras tendu vers le ciel, mon sang ne fait qu’un tour et je n’ai envie que d’une chose : balancer le premier pavé qui me tombe sous la main pour faire exploser le peu de cervelle qui baigne dans ces crânes rasés.

Le gouvernement espagnol a présenté vendredi un projet de loi faisant de l’avortement un délit sauf si la grossesse est le résultat d’un viol ou si elle met en cause la santé physique et mentale de la mère. Je vous passe les détails du projet, le résultat est là : la femme espagnole pour avorter hors des limites fixées par la loi devra s’exiler. A condition qu’elle en ait les moyens. A l’heure où plus de 50 % des jeunes sont au chômage, le gouvernement ne trouve rien de mieux à faire que de pondre une loi strictement idéologique et hypocrite basée sur une conception abjecte et de la femme et de la vie issue de l’Eglise catholique.

aborto gobierno español

Alors oui j’ai les boules et dans ces cas-là je cuisine pour me défouler et cette fois-ci on n’ira pas par quatre chemins : albondigas de pollo con uvas secas // boulettes de viande au poulet et aux raisins secs. Pour faire de la charpie avec les grenouilles de bénitier. C’est tout ce qu’elles méritent.

En cette période de fêtes de fin d’année, je vois large au niveau des quantités¹. Comme d’habitude, tout est question de feeling et je fais confiance à votre calcul mental.

Vous prenez 250g d’échine de porc et 250g de blanc de poulet. Vous découpez votre viande en dés façon Dexter : sadique, vous imaginez Mariano Rajoy (le blanc de poulet) et Alberto Ruiz-Gallardón (le porc) sur votre planche à découper. Vous ajoutez 2 oeufs, une demi-baguette de pain sec humidifiée avec du lait, sel, poivre, estragon (encore et encore), ail (3 gousses), 1 oignon émincé finement, les raisins secs, du persil ou de la coriandre selon les goûts. Et vous mixez. C’est la méthode chirurgicale, propre, Dexter.

Sinon vous mixez la viande seule avant, vous rajoutez les autres ingrédients après et vous mélangez le tout avec les mains. Floc, floc floc, malaxez bon sang ! Triturez moi cette bidoche, pensez à ce curé austère qui a gâché le mariage de votre meilleur ami, cette espèce de dévote imbécile qui a oublié de parler d’amour. Là, tordez le coup,  – plus fort nom de Dieu ! –  à cette viande hachée bon marché. Vos doigts suintent de gras et de protéines, vous les regardez, halluciné, avec ce mélange  de dégout de la satisfaction du besoin primaire et la jouissance inavouable de votre instinct carnassier.

anthony hopkins

Ressaisissez-vous car le plus délicat reste à faire.

Avec vos doigts, vous prenez un peu de votre préparation que vous plongez dans la farine pour former ensuite une petite boule d’environ 2cm de diamètre (oui, plus elles sont petites, plus elles sont belles). Vous lui donnez forme dans le creux de votre main comme si vous alliez lancer votre boule de pétanque ou comme si vous massiez les parties génitales, source de vie, géniteur de foetus, de ce curé libidineux. Albondigas ya está.

Albondigas

Il vous suffit ensuite de plonger les boulettes dans un petit bain d’huile et de regarder frire avec délectation ces testicules pécheresses, à l’origine de grossesses inappropriées dans l’assouvissement de vos pulsions impropres.

Albondigas

Servir caliente avec une pique, un dernier coup vif et fatal, l’estocade qui mettra fin une bonne fois pour toute à ces pensées rances qui gangrènent l’Europe et qui finira de vous soulager avant d’aborder la question autour du sempiternel repas familial de Noël.

albondigas

Sur ce, le généralissime et moi-même vous souhaitons un excellent réveillon 😉 en paix avec vos consciences coupables… Petites salopes !

1 – Ici les quantités indiquées sont pour environ 8 personnes, une quarantaine de boulettes, très bien pour picorer.

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6 réflexions sur “Albondigas : j’ai les boules ! (de Noël)

  1. Jajajaja ahí está chaval, lo has clavado. Dale duro me gusta esta vena tuya de analista socio-político-cocinero. Me ha encantao. Y olé!

    • Gracias tía. Todavía no me lo puedo creer y surge mis recuerdos granadinos de manifa franquista durante el 20N… Lo peor es que sé que estas palabritas no sirven para nada sino manifestar mi mala leche. Ya Está. Un abrazo desde Francia donde la atmosfera no se mejora tampoco.
      A pesar de todo : feliz navidad a ti y a los tuyos.
      Beso 😉

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