Home

Valérie Ramiand - La Francesa aux fourneaux

Il lui a fallu quelques échanges sur les réseaux sociaux, un ton et une gouaille pour m’hameçonner. Valérie, la Francesa aux fourneaux est venue titiller mes Papas a lo pobre, baver sur mes albondigas, me provoquer en duel avec sa tortilla. Il ne m’en faut pas plus pour aller jeter un œil sur son blog et découvrir ses recettes locas de tapas décomplexées. Franchissons le pas autour d’un café : qui se cache derrière cette amoureuse de l’huile d’olive ?

Je ne me suis pas trompé (en fait je ne me trompe jamais, j’ai toujours raison) : au diable les chichis, le snobisme parisien et le terroir sclérosé. Nous sommes sur la même longueur d’onde : les tapas ça se partage, c’est un prétexte pour boire un verre avec des potes et se faire plaisir avec de bons produits et des recettes simples sans faire hurler son banquier (qui d’ailleurs est peut-être là, avec vous, autour du comptoir en train de se marrer avec ses collègues de la dernière excuse que vous lui avez sortie pour justifier votre découvert).

Elle me parle de son dernier fait d’armes lors d’une soirée événement autour du vin. Pinxos tartinés de bacalao mélangée à de la béchamel et à des Pimientos del Piquillo. Simple, bon (ah le mariage de la bacalao et de la béchamel) et visuellement séduisant (une petite pointe de rouge grâce au Piquillo parce que l’important c’est la couleur). Mais bon sang, d’où vient cette passion pour les tapas ? Surtout quand on est d’origine malgache et qu’on pourrait se contenter de mettre un peu d’exotisme dans la blogosphère.

Valérie a vécu 8 ans en Espagne. 4 à Malaga, 4 du côté de Figueras. En Andalousie, elle découvre la « locura » culinaresque, des tapas à tout bout de champs, les bars de la côte où les enfants s’éclatent dans le sable pendant que les parents trinquent autour de quelques pescaitos fritos. Nous évoquons nos souvenirs de plages sauvages au milieu des tours de bétons et des urbanizaciones anarchiques : il suffit de savoir chercher. Entre Cadiz et Malaga d’abord, aux alentours de Tarifa, de Cabo Trafalgar et Zahara de los Atunes et puis Cabo de Gata sur la côte est… A Figueras, elle s’occupe de ses enfants et trouve le temps d’écrire en même temps qu’elle découvre une cuisine simple et savoureuse, toujours prétexte à la rigolade. Et qu’importe si l’aïoli cremoso fait des vagues pour des questions de clochers culinaires catalans : c’est la cuisine comme elle aime la manger et la partager et puis c’est tout !

Un beau palmarès de recettes à découvrir d’urgence sur son blog : le ton est léger, les plats faciles à faire et accessibles. Jugez plutôt… J’ai un petit faible pour la « Bacalao à la Sévillane » :

« Morue, pois chiche, pimentón et épinards pour la Sainte Trinité des tapas sévillans, un peu panceta et du piment pour rehausser parce que c’est l’hiver et que ça dégage les voies respiratoires ¿me entiendes? et vous avez avec ce mer et montagne toute l’Andalousie dans votre assiette. »

et la  « Salade Alhambra » por supuesto  :

Si vous avez la chance d’aller visiter l’Alhambra à Grenade, je vous conseille de déjeuner à l’ombre des platanes et des palmiers juste aux pieds de cette merveille du monde au restaurant La Mimbre, plutôt que de vous aventurez en ville où les taperias pièges à touriste sont pléthores. Leur ensalada de bacalao comme je la présente aujourd’hui est la meilleure d’Andalousie, donc d’Espagne, donc… du monde.

Et quand on lit ça, comment voulez-vous résister à ses Croquetas à l’encre de seiche :

Les croquetas en Espagne sont une cause divorce, si Monsieur ose reprocher à Madame que LaSuegra (la belle-mèèèèèèèèère, la Môman de Monsieur, donc) les fait mieux qu’elle, au mieux il se retouve a la calle avec ses affaires balancées par la fenêtre, les films d’Almodovar sont une pure fiction : toujours EN DESSOUS de la réalité, au pire à l’hôpital avec une poêle incrustée dans le cuire chevelu…

Et ses Albondigas… Bref… On arrête de se torturer : oui c’est un coup de cœur et j’espère très bientôt un coup de fourchette.

Retour à Paris. Début d’une quête : où est l’Espagne ici ? Peut-on exporter cet art de vivre au milieu de tous ces snobs qui préfèrent payer un produit cher avant de l’apprécier ? Chef à domicile, elle a donné, non merci : les bobos capricieux se passeront d’elle. Echange d’adresses, un sourire. C’est bon de ne pas se sentir seul dans cette quête désespérée del arte de vivir andaluz. Surtout un mois de décembre à Paris vous me direz. Ok… n’en rajoutez pas.

– Hey Valérie pourquoi tu ne reçois pas les gens chez toi 

– Trop petit, en coloc’, c’est mon côté maîtresse de maison : j’aime recevoir les gens dans de bonnes conditions. Après qu’importe l’endroit où je cuisine : je me sens bien dans la cuisine des autres, tant que j’ai mes deux couteaux et mon tablier…

 Je tente le placement de produit :

– Et pourquoi tu n’inscris pas ta table sur Cookening, on s’en fiche du cadre, ce qui compte encore une fois c’est le partage sans chichi. 

– Ouais pourquoi pas…

Coming soon ?

Publicités

3 réflexions sur “La Francesa : la tapa de « toda la vida »

  1. Pingback: Feliz año nuevo : Churros in your face ! | Ya Está by Tonio

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s